En Avoir Ou Pas

…des amis, un amoureux, un boulot, de l’argent, des nouvelles fringues, une maison, des idées, des opinions, un blog…

Amour, gloire et boulot. mars 13, 2008

Un étude réalisée par l’institut Gallup et publiée en 2006 conclut que les gens sont plus engagés dans leur travail et plus productifs quand ils ont non seulement des amis au travail, mais surtout un(e) amie(e) spécial qu’ils appellent « le conjoint de travail ».

Non, le conjoint de travail n’est pas un mignon comptable avec qui vous couchez, rien à voir. Le conjoint de travail est une personne qui peut être de votre sexe ou pas, avec qui vous avez une relation spéciale mais totalement platonique. En gros votre point commun c’est le travail et ce qui s’y passe, en dehors de ça vous n’avez pas forcément beaucoup de contacts.

Intéressant, je me suis dit. Et il ne m’a pas fallu plus de 5 minutes pour conclure que j’ai bien un conjoint de travail. J’en ai toujours eu, ça a même souvent été des filles d’ailleurs, mais là c’est un gars et heureusement qu’il est là.
On ne se voit jamais en dehors du boulot, si on s’appelle ou s’e-maile hors des heures de travail, c’est toujours pour une raison professionnelle. On n’a pas de loisirs commun, je ne connais pas sa famille (il est marié et père) mais s’il y a de temps en temps un truc perso qui influence notre carrière et dont on a besoin de parler, on se précipite l’un chez l’autre. On peut disserter pendant des heures sur des événements de bureau, faire des private-jokes sur nos collègues, et parfois ça nous conduit à lancer ensemble de nouveaux projets (alors qu’on ne bosse pas dans le même département, mais on est au même niveau hiérarchique).

Apparemment ces relations ont du mal à survivre quand l’un obtient une promotion qui l’écarte, ou carrément change de job ou de société. Elles ne sont basées que sur les choses qu’on partage dans le travail, sans ce partage elles perdent leur raison d’être.

Moi ça me fait bizarre de penser au jour où mon conjoint de travail ne sera plus dans ma vie (mais bon, ce genre de chose m’est arrivé dans le passe, on pleure un bon coup et puis on avance). En ce moment je ne peux même pas l’imaginer. Parce qu’il peut toujours compter sur moi et surtout je peux toujours compter sur lui. Comme hier encore, mon boss est tombé malade au pire moment de l’année, j’étais dans la mouise totale avec un projet d’importance cruciale, et ben mon conjoint de travail a réorganisé sa soirée pour pouvoir m’aider à tout boucler, en s’arrangeant pour que quelqu’un aille chercher ses gamins à sa place et tout et tout. Je l’aurais bien embrassé tellement j’étais soulagée.
Y a pas à dire, mon conjoint de travail, j’le kiffe grave. Enfin, pendant les heures de bureau, quoi.

 

Les Samedi du Geek: rigolons un peu au boulot. mars 1, 2008

Bon va falloir vous habituer à ce qu’il n’y ait pas forcément un samedi du geek tous les samedis parce que:

1. maintenant que l’hiver est fini (enfin, ça dépend des jours), je préfère être dehors que derrière l’ordinateur et
2. j’ai pas toujours de chouettes trucs à vous montrer et je préfère ne rien faire plutôt que du remplissage

Ceci étant dit, cette semaine, je vais vous parler de 2 choses qui pourraient vous intéresser au travail.
La première, c’est une souris avec une fonction « me*de mon patron arrive », à savoir un bouton sur le côté qu’on peut programmer pour effectuer « alt-tab » et donc changer de fenêtre en un clic. Tout ceux qui n’ont pas comme moi la chance d’être assis dos à un mur ont déjà compris à quel point ça peut servir.
Smart Privacy, elle s’appelle, et on peut l’acheter ici pour une vingtaine de dollars, ce qui n’est plus rien quand on a la chance d’être un riche Européen qui touche un salaire en euros.

La seconde chose, c’est que je suis en train de préparer un 1er avril de folie à notre informaticien avec la complicité d’un ou deux collègues, grace à une combinaison de touche du tonnerre. Attention, lisez ceci en entier avant d’essayer sinon vous allez vous retrouver prix au piège. En appuyant simultanément sur CTRL+ALT+flèche bas, il arrive de drôle de choses à votre affichage écran, et votre souris perd son sens de l’orientation. Pour revenir en arrière il faut faire CTRL+ALT+flèche haut. Voilà, maintenant vous pouvez essayer (hélas sur les portables ça ne marche pas toujours). Et vous allez pouvoir déchaîner sur les collègues qui vous ennuient.
Non, non, ne me remerciez pas, c’est normal…

 

Mon passe-temps favori, c’est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps. février 25, 2008

*Françoise Sagan

Or donc la semaine dernière, j’ai passé une journée avec une dizaine de mes collègues à suivre une formation en Time Management.

Oui je sais, ceux qui lisent ce blog régulièrement doivent être écroulés de rire, parce que j’aurais plutôt besoin d’un cours sur « comment tirer en longueur ce que j’ai à faire pour être occupée huit heure par jour au bureau » mais le fait est que ce cours a été organisé pour tous les employés. Et, astuce diplomatique, les rares à n’en avoir pas vraiment besoin y ont été envoyés aussi parce que si on s’en tenait à l’avis des gens, ceux pour qui c’était le plus nécessaire auraient été les première à dire que pour eux c’était pas la peine, tout était au point. Allez, hop: tout le monde y va, pas de discussion.

Evidemment, j’ai pas appris des milliards de choses. Quand le formateur a demandé « quand avez-vous réussi à faire ce que vous aviez prévu de votre journée pour la dernière fois » et que tout le monde a levé les yeux au ciel, je me suis bien abstenue de répondre « hier ». Mais ça m’a permis de comprendre que si je suis généralement plutôt efficace c’est parce que j’applique d’instinct (ou d’expérience) certains grands principes des théories de gestion du temps. Comme quoi, vous voyez, ça marche vraiment ces trucs-là, en fait.

Alors pour qu’on puisse tous commencer la semaine du bon pied je me suis dit que j’allais partager les grandes lignes avec vous, comme ça vous pourrez aussi vous y mettre et commencer à vous ennuyer au travail, histoire que je sois plus toute seule. Et sans déconner, je crois que ça vaut la peine d’au moins essayer, non?

1. Ne jamais prévoir des tâches pour remplir 8 heures de boulot. Ben non, on n’a pas 8 heures disponibles pour bosser même si on passe 8 heures au bureau. Prenez la boîte mail par exemple: si vous recevez 60 messages par jour et que vous prenez en moyenne une minute pour lire et traiter chaque message (et là je suis vraiment optimiste, une minute c’est très peu) ben il s’est déjà écoulé une heure. Je parle même pas du courrier papier. Et si vous recevez ou passez beaucoup de coups de fils, c’est pareil. Je passe facilement une demi-heure à une heure par jour au téléphone (appels internes ou externes). C’est encore ça de moins de disponible. Ah et le soir je sais que j’aime avoir 20 minutes pour organiser mon travail ou classer des trucs. Encore ça de moins… Bref, à vous de voir combien de temps tout ça prend pour vous, mais moi je prévois jamais pour plus de 5 à 6 heures d’occupation. Le reste du temps se remplit tout seul, croyez-moi!

2. C’est votre vue qui vous stresse. La majorité des gens sont visuels. Ca signifie qu’ils ont l’impression que pour ne pas oublier ce qu’ils ont à faire, il faut que tout soit sous leurs yeux et qu’ainsi ils vont s’en rappeler. Et en avant pour les post-its autour de l’écran et les piles de papiers tout autour du bureau!
Non mais sincèrement, vous croyez que quand vous avez 20 trucs autour de vous qui vous crient « occupe-toi de moi! » à chaque fois que vous posez les yeux dessus, ça va vraiment vous aider à vous concentrer?? Et avec un peu de chance, en fin de journée, vous allez refaire une pile avec le tout et puis le lendemain vous étalerez de nouveaux trucs qui viendront au-dessus du tas de la veille et c’est parti pour la gloire…
Ce dont le cerveau a besoin pour arrêter de stresser, c’est de savoir que toutes les choses à faire sont dans un seul endroit où on est certain de les retrouver. Donc: une to-do list! Une seule, hein! Et si elle compte plusieurs pages, il faut les agrafer ensemble (oui ça a l’air con mais faites-moi confiance, si vous le faites pas vous allez en perdre la moitié). Quand vous avez une seule liste centralisée, qu’elle soit sur papier ou dans l’ordi ou dans un agenda ou un cahier, vous serez plus tranquille, plus concentré et moins stressé. J’insiste sur le fait que si la liste se trouve à 3 endroits pas synchronisés (outlook, un agenda papier et un cahier par exemple), ça ne va pas marcher, vous allez louper des trucs.

3. Le temps qu’on passe assis tout seul à son bureau pour bosser, ça aussi ça se planifie dans l’agenda. On a tous une furieuse tendance à ne mettre que nos réunions et rendez-vous dans notre agenda (ou notre outlook/ lotus ou équivalent). Et le reste, ça prend pas du temps dans la journée, peut-être? Maintenant que vous avez une seule liste de to-do et que vous connaissez les dead-line de vos tâches, ben il faut placer dans l’agenda les moments où vous allez bosser sur chaque dossier. Pour deux raisons: d’abord, vous saurez en un coup d’oeil ce que vous avez à faire à chaque moment et ensuite, les gens verront que vous êtes occupés sur le projet trucmuche et seront moins enclins à vous déranger.
Exemple: le powerpoint du projet Machin va me demander 3 heures de travail et doit être prêt vendredi. Je prévois deux heures de boulot mardi, une mercredi et encore une demi-heure jeudi pour faire les corrections éventuelles quand mon boss l’aura relue.
Mieux vaut compter trop large que trop serré, si j’ai finis plus tôt je peux entamer une autre tâche!

4. Je suis pas pompier. Intervenir en vitesse sur les dossiers des autres qui ne se sont pas organisés à temps, c’est pas mon job et ça n’est nullement une priorité. Si tout le monde sait que vous ne dites jamais non, on va vous tomber dessus en permanence. Il faut être un minimum sympa pour la collégialité, genre si ça prend dix minutes et vous pouvez vous permettre de les prendre, dites oui. Sinon, dites que ça n’est pas possible maintenant, que vous voulez bien aider mais que ça n’est pas possible avant… voir votre agenda! Croyez-moi, quand vous aurez répondu ça 3 ou 4x, les gens sauront qu’il faut s’y prendre à l’avance pour vous solliciter.
Je fais juste une exception: ma DG – je lui dis toujours oui, mais elle sait que je planifie tout et elle essaie aussi de me laisser le plus de temps possible!

5. L’enfer c’est les autres (bis).  Quand on gère des projets qui impliquent plusieurs personne, et que chacune doit assurer une partie du travail pour une date dite afin que les autres puissent continuer à faire le leur, ça implique hélas de passer beaucoup de temps à rappeler à chacun ses engagements. Personnellement ça m’irrite mais dans les faits je passe effectivement beaucoup de temps à rappeler aux gens ce que je leur ai demandé. Donc, j’insère dans mes tâches le fait de devoir relancer mes collègues deux jours avant leur dead-line. Souvent j’entends « ah, oui, c’est vrai, oui, oui je m’en occupe », ce qui signifie « ouh me*de j’avais oublié ». Mais si je ne le fais pas, c’est moi qui serai mise en retard.

6. Clean your desk. J’en ai parlé plus haut, avoir un tas de trucs étalés sur son bureau, ça n’aide pas, que du contraire. Adoptez une fois pour toute un système de classement alphabétique de vos dossiers en cours, dans des dossiers suspendus, dans un pré-trieur ou ce que vous voulez… Au moins tout sera au même endroit, facile à retrouver, et vous serez moins stressé car plus de crise de « où j’ai mis la liste machin truc?? ».

7. S’organiser ça prend du temps, mais ça n’est pas du temps perdu. Ca va même vous en faire gagner! Alors oui, les méthodes de time management sont contraignantes, c’est une discipline : remplir l’agenda, planifier la moindre activité, tenir la to-do à jour, garder ses dossier en ordre pour pas perdre du temps à les chercher… Mais à l’arrivée, je vous garantis que cette routine-là vous épargne des ennuis qui vous prendraient bien plus de temps! Il faut 21 jours pour acquérir une nouvelle habitude. Ca veut dire un petit mois de travail pour se discipliner à gérer son temps correctement. Ca vaut la peine d’essayer non?

8. Mais par où je commence? Si vous devez passer 3 jours à appliquer ceci pour classer vos mails, vos dossiers et compagnie, vous allez juste prendre plus de retard et ça n’est pas le but. Commencez un lundi matin à partir de zero. Mettez les 12.320 mails de votre inbox dans un folder « archive » pour recommencer avec une boîte vide où vous pourrez voir et classer les messages au fur et à mesure. Ce que vous allez chercher dans « archive », vous pourrez le reclasser en même temps.
Mettez tous les trucs qui trainent sur votre bureau dans une boîte « à jeter dans 6 mois » que vous casez dans le bas de l’armoire, et dans 6 mois vous jetterez tout ce que vous n’avez pas du aller y rechercher.
Et réservez la matinée dans votre agenda pour faire votre première vrai to-do-list complète et remplir votre agenda pour au moins les 15 jours à venir, y compris avec les plages horaires où vous allez travailler sur tel ou tel dossier. Le reste se fera au fur et à mesure.

Une dernière chose, si vous ne vous rendez pas bien compte du temps que vous passez actuellement à vos différentes tâches, à téléphoner, lire les mails, répondre aux autres… notez tout pendant 2 semaines. Juste noter les heures de début et fin et les tâches, sans faire la moindre interprétation – dans quinze jours vous pourrez calculer une moyenne correcte du temps que prennent vos différentes activités et vous pourrez planifier plus justement.

En conclusion – de la lecture pour les zélés:  Je vous conseille « Gérer son temps et son stress » que j’ai lu au début de ma carrière (l’époque où j’avais du boulot pour 3) et qui est très bien fichu ou encore « Gérer efficacement votre temps en 7 jours« .
Si c’est la partie organisation/classement qui vous pose problème, vous pourrez tirer parti de plusieurs chapitres du « Guide des Secrétaires et assistantes de A à Z » parce que c’est une de leur spécialité de gérer l’organisation des dossiers, et quand on n’a pas de secrétaire, y a pas de honte à vouloir le faire correctement soi-même.

Alors, prêts à essayer?

 

Je facebooke, tu twittères… février 21, 2008

Récemment, j’ai reçu au bureau une liste de formations dispensées par un organisme avec lequel j’ai déjà suivi des cours, et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’on y propose désormais une formation « Web 2.0 ». Car en effet, pour les entreprises (et les vilains méchants du marketing dans mon genre), comprendre ce qui se passe sur le web est important, mais décidément pas facile.
Les flux RSS, les résaux sociaux, Netvibes, MySpace… autant de choses au programme de la formation en question.

Ca m’a incitée à réfléchir un peu à ce que j’utilise ou pas dans ce fameux web 2.0. Bien évidemment, je blogue, ça vous le savez déjà. Mais pour le reste? C’est sûr, les fils RSS et Netvibes facilitent largement ma vie, y compris dans le travail puisque je lis des blogs professionnels.
Les réseaux sociaux, là je suis déjà un peu plus sceptique: à part LinkedIn qui m’a récemment valu des mésaventures et qui au fait ne me sert à rien, et Facebook qui m’a amusée une semaine mais que je garde actif pour l’échange de mail avec certaines personnes et les retrouvailles éventuelles avec les amis d’enfance, ben ça ne m’intéresse pas des masses.

Delicious? Mais pourquoi partagerais-je mes bookmarks?
Digg? Je sais même pas à quoi ça sert, et je veux pas savoir.
Twitter? Ca c’est le ponpon, j’ai vraiment pas besoin de savoir ce que font les gens seconde par seconde et à mon avis tout le monde s’en fiche que je sois à la cafète en train de manger mon sandwich, ou au rayon conserves du Carrefour.

Bref, je m’interroge sur l’avenir de tout ce bazar. Qu’est-ce qui va survivre, et qu’est-ce qui va disparaître? Est-ce que la pub ne va pas tout envahir (quelle question, bien sûr que si) et est-ce que cela ne va pas tuer l’intérêt de ces sites?
Et surtout, est-ce qu’on ne va pas finir par se lasser de tout ça, par perdre le fil des nouveautés et l’envie de les suivre parce qu’elles se succèdent à un rythme trop rapide?

J’ai beau être geek, je suis perplexe…

 

Pas tous les oeufs dans le même panier… février 19, 2008

Filed under: Le Méchant Monde de l'Entreprise — Marie D. @ 8:00

Il y a quelque semaines je vous parlais de l’ennui au travail. Cela a inspiré à Vedekaa, qui avait commenté mon article, un nouveau post intitulé Et après quoi on court, finalement? Car si notre ami Vedekaa, contrairement à moi, s’amuse comme un petit fou 15 heures par jour dans son travail, il se demande si c’est une bonne chose de consacrer l’essentiel de son temps à ça.

Ca m’a donné envie de rebondir à nouveau sur le sujet. C’est vrai que je peux avoir l’air ici de plaider pour le respect à la minute des horaires et de rabâcher que le boulot c’est pas drôle et c’est juste pour payer les factures. Alors je pense que ceci me donne une bonne occasion de nuancer.

Il faut pour cela que je vous fasse part de mon expérience. Mon premier emploi, je l’ai occupé durant 5 ans et demi, et vraiment je l’ai fait avec toute mon énergie. J’étais ambitieuse, désireuse de prouver de quoi j’étais capable malgré mon très jeune âge, et mon employeur qui s’en était bien rendu compte ne cessait d’agiter la carotte (que je n’ai finalement jamais reçue) pour me faire avancer.
A l’époque j’ai déménagé pour venir vivre à côte de mon boulot. Une journée normale, c’était 11 heures de travail, 14 heures quand il y avait plus de choses à faire – heures jamais payées, jamais récupérées. J’étais joignable 24 heures sur 24 et on n’hésitait jamais à m’appeler durant mes jours de congé pour me demander où j’avais rangé les trombones. Et je répondais, de bonne grâce.

Au bout de 3 ans, j’ai commencé à me dire que c’était un peu abuser. Il y avait des tensions avec mon boss, qui me refusait mes vacances pour partir à ma place, et m’en demandait toujours plus en me laissant toujours moins de temps, en se reposant sur moi pour compenser son manque d’ordre et d’organisation.
Encouragée par une amie, j’ai décidé de prendre un peu de recul, et de commencer à quitter le boulot à des heures normales.
Et bien je n’avais plus rien. Rien. Je ne voyais presque plus mes amis parce que je n’avais jamais le temps, et je n’avais pas fait de rencontre dans ma nouvelle ville où j’étais depuis 2 ans. Je n’avais plus de vrai hobby car en rentrant du travail, je n’étais bonne qu’à m’affaller devant la télé. Je n’avais plus de vie: métro, boulot, dodo, et 4 semaines de vacances par an passées à dormir pour compenser mon épuisement. Je n’avais pas lu un livre depuis, pfffiou…
Je n’étais que mon travail, si je l’avais perdu je n’aurais plus été personne, d’ailleurs je ne savais plus qui j’avais été avant ni si je l’étais encore.
Ca m’a demandé beaucoup d’effort de me remettre en selle, de m’inscrire à des cours du soir pour rencontrer des gens et faire des choses qui n’étaient pas en rapport avec le travail.

Vous voulez que je vous dise? Quand j’ai quitté cette boîte, ils n’ont pas sourcillé, ils n’ont pas cherché à me retenir. Et dans le fond, c’est normal: un contrat de travail c’est un engagement à faire un certain boulot en échange d’un salaire. En dehors de ça on ne se doit rien, même si dans certaines entreprises on aime à faire croire le contraire.

L’an passé, comme à plein de gens, il m’est arrivé de perdre mon travail. Pas parce que j’avais fait des bêtises (ou détourné des milliards) mais jusque parce que je coutais de l’argent et qu’on n’avait plus besoin de moi pour faire ce que je sais faire. On ne s’est pas demandé si j’allais m’en sortir, on ne m’a pas proposé de me laisser un mois ou deux pour commencer à chercher autre chose. On a juste rompu le contrat, comme on avait le droit de le faire.
Heureusement, à ce moment-là,  il y avait à nouveau d’autres choses dans ma vie: des amis, des passions, des loisirs. Parce que j’avais alors perdu quelque chose d’important, qui m’occupait 5 jours par semaine, mais qui n’était pas toute ma vie comme ça l’avait été à une époque.

Je pense que c’est formidable d’avoir un job qui nous intéresse et dans lequel on s’amuse. Mais c’est important de se rappeler de temps en temps que ça ne va pas durer toujours (si pas le chômage, il finit par y avoir la retraite) et qu’il peut y avoir d’autres choses importantes dans la vie. Il y a des gens dans mon entourage qui bossent jusque 22 heures tous les soirs en confiant les marmots à une nourrice. Bien sûr ils ont une jolie maison et ils se payent de belles vacances. Mais les vacances, c’est quinze jours par an, la maison ils n’y sont que pour dormir. Le temps qu’ils ne passent pas avec les enfants, avec les amis, où à faire des choses qu’ils aiment comme lire ou aller voir un concert, ils ne le récupèreront jamais.

En fait, je pense que la règle à observer ici comme dans tous les domaines, c’est de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. L’équilibre, c’est la clé.

 

Friday Five février 15, 2008

Filed under: Copinons un peu,Le Méchant Monde de l'Entreprise — Marie D. @ 8:00

Si vous n’avez pas encore lu mon post de 7h59, faites-le. Ainsi vous saurez d’où m’est venue l’inspiration pour le Five d’aujourd’hui.

Quelles sont les 5 pires questions qu’on vous ait posé en entretien d’embauche?  Questions absurdes, indiscrètes, à côté de la plaque ou hyper-compliquées… racontez-moi! (Ah et les free-lance, je suis sûre que vos prospects vous bombardent aussi de questions et qu’il doit y avoir de la matière à répondre, non?)

En ce qui me concerne…

  • Ils font quoi comme métier, vos parents?  Comme si ça pouvait avoir une quelconque influence sur mes compétences. Cela dit une de mes cousines, avocate, s’est vu un jour refuser un poste parce qu’elle n’avait pas d’avocat dans la famille et que ‘on ne peut pas faire un bon avocat sans l’hérédité’. Non mais!
  • Vous avez des frères et des soeurs? A nouveau, franchement, qu’est-ce qu’on s’en fiche!! C’est pas l’école des fans, quand-même! (clin d’oeil à Telys)
  • Comment vous faites pour lancer un nouveau produit? Celle-là elle est hyper dure, c’est ma DG actuelle qui me l’a posée, et j’ai cru jamais m’en sortir car dans les dizaines d’interviews déjà passées dans ma vie, on  ne me l’avait jamais posée et donc je n’y pensais pas. Alors qu’au fait c’est l’essence de mon business.
  • Vous êtes sûre que vous ne préféreriez pas retourner enseigner? Si, si, j’ai postulé chez vous uniquement par masochisme alors que ça ne m’intéresse pas le moins du monde. Et bien sûr je vais tout vous avouer tout de suite.
  • Que pensez-vous des gens qui jouent au golf? C’était dans un test de personnalité pour une boîte qui vend des alcools de luxe. Genre, au cas où j’aurais pas vu venir que la clientèle friquée à cibler aime le golf et que par conséquent, il faudrait que trouve ça chouette aussi.

Et vous?

Faut toujours bien écouter les questions de recrutement. Perso, ce sont les gens qui m’ont posé les questions les plus intéressantes que je considère comme les meilleurs patrons que j’ai eus. A bon entendeur…

 

Il est facile de recruter mille soldats, mais il est difficile de trouver un général.

Filed under: Le Méchant Monde de l'Entreprise — Marie D. @ 7:59
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*proverbe chinois

Hier soir – enfin, vers 17h15, alors que tout le personnel de la boîte avait déjà regagné ses pénates mis à part 3 braves (ma DG ainsi que mon boss et moi-même, trop contents de profiter d’un peu de calme après le départ des troupes), un des téléphones du plateau s’est mis à sonner avec insistance.

J’étais devant le fax, attendant un rapport de transmission (oui je sais, ça fait très 20ème siècle, surtout sortant de ma bouche) et comme ce téléphone n’avait pas l’air de vouloir s’arrêter de sonner, je me décidai, magnanime, à décrocher.

C’était pour moi. Ce qui est déjà très étrange vu que c’était pas mon numéro. Mais soit. Une charmante dame m’annonce qu’elle travaille pour l’agence Machin-Truc (dont j’ai jamais entendu parler), qu’elle a vu mon profil sur Linked-In et qu’elle recrute un responsable marketing pour une entreprise à Bruxelles, et qu’elle voudrait savoir si ça m’intéresse.

Normalement j’écoute toujours ce genre de proposition avec sérieux, même si je n’ai pas l’intention de changer de travail, juste pour savoir ce que le marché propose, combien ça paye, et ce qu’on me pense capable de faire.
Mais là je me suis juste retenue d’éclater de rire et j’ai gentiment décliné (de toute façon les chances que j’accepte à nouveau un jour un poste à Bruxelles avec 2 heures dans les embouts tous les matins sont loin en-dessous de zéro).

Non mais vous vous rendez compte que cette nana, qui a pêché des infos sur moi dans un site qui n’est absolument pas destiné au recrutement, me contacte sur mon lieu de travail pour me proposer un autre job, en composant une des lignes directes au hasard! Vous trouvez ça professionnel, vous?
Alors vous allez me dire, vu les infos reprises dans LinkedIn, elle ne disposait que du nom de mon entreprise pour me retrouver. Mais dans ce cas-là, est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu commencer la conversation en me demandant si je pouvais parler librement ou en me proposant de donner un numéro privé pour discuter plus tard, au lieu de me demander tout de go « est-ce que ce poste vous intéresse »? Comme si j’allais me faire expliquer un job description assise en face de mon boss…

Si une télémarketeuse du recrutement passe par ici, elle saura quoi ne pas faire!