En Avoir Ou Pas

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Au boulot, les jeunes! décembre 17, 2007

Filed under: Le Méchant Monde de l'Entreprise — Marie D. @ 8:00

La semaine passée, Papa Chéri (le mien, pas le Père Noël) est allé faire un tour dans son usine, celle où il a bossé plus de quarante ans avant d’entamer une retraite bien méritée. A son retour, il m’a raconté que ses anciens collègues se pleignent beaucoup parce qu’il y a beaucoup de travail et que « tous ces jeunes ne songent qu’à prendre congé et ne se disputent pas pour travailler ». Vu que j’ai l’âge de « ces jeunes » et que je me suis un peu sentie concernée (et vexée) j’ai quand-même émis quelques protestations, qu’il n’a pas eu l’air de comprendre.

Je me suis dit que moi aussi, je pensais beaucoup à mes congés, parce que quand-même la vraie vie, c’est ce qui se passe après 17 heures et durant ces 20 malheureux jours par an que l’état nous accorde. Et ça m’a surprise que mon père ne comprenne pas que cette même usine, qui avait quand-même restructuré et massivement licencié à plusieurs reprises, ne figure logiquement plus en tête de la liste de priorités d’employés qui savent qu’au premier revers boursiers, ils iront s’inscrire au chômage.

Mais apparemment, c’est un truc générationnel. Pour des gens de l’âge de mes parents, le travail avait une valeur intrinsèque. Il fallait travailler, peu importe le boulot, du moment qu’on ne restait pas à rien faire. Après, tout était question de mérite: si vous aviez trouvé une bonne entreprise (voire, une entreprise publique), vous saviez que vous pouviez y passer le reste de votre carrière, et qu’en travaillant dur vous auriez de temps à autre une augmentation et/ou une promotion.

Aujourd’hui c’est différent. Même si notre employeur gagne de l’argent, il peut décider de nous débarquer parce qu’il faut augmenter les dividendes des actionnaires. On nous peut nous remplacer en un tournemain par des Tchèques, ou des Chinois, ou des Indiens qui feront le même travail sans poser de questions pour un faible pourcentage de notre salaire. Alors forcément, on ne met pas tous nos oeufs dans le même panier, on fait une priorité de ce qui est en-dehors de notre travail.

Nous sommes les générations X et Y, les enfants nés entre 1961 et 1981. Nous sommes un groupe à part avec de nouvelles priorités. C’est ainsi que nous a décrits la journaliste Nadira Hira :
 » Ils sont ambitieux, ils sont exigeants, et ils remettent tout en question; alors s’il n’y a aucune bonne raison de faire un long trajet ou de travailler tard le soir, ne vous attendez-pas à ce qu’ils le fassent. Quand il s’agit de loyauté, les compagnies pour lesquelles ils travaillent sont en dernier sur leur liste: derrière leur famille, leur amis, leur communauté, leurs collègues et évidemment, eux-mêmes« .
Et pourtant, nous sommes les premiers à travailler durs quand nous croyons à ce que nous faisons, et nous trouvons important de nous consacrer à un job « qui va changer le monde ».
Tout est dans la motivation. Si nous sommes vraiment motivés, nous bossons très dur.

Et vous, vous vous reconnaissez dans cette description? Vous êtes d’accord ou pas?

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21 Responses to “Au boulot, les jeunes!”

  1. cyborgjeff Says:

    Moi ca fait 5 ans que je bosse dans ma première boîte. Je suis resté longtemps hyper motivé, à me donner à fond, à bosser dur à tenter de passer de « petit réparateur d’ordi » à « webdesigner »… J’ai vu près de 20 collègues partir et 20 autres arrivé en si peu de temps. J’ai eu souvent des félécitations mais de depuis notre « fusion » il y a de plus en plus de rendement à montrer.. alors que nous sommes dans le domaine de l’éducation !

    Bref, mon salaire de clopinette a gentillement progresser de 1090€ à 1250€ pour redescendre à 1220€ il y a peu.. et ca je peux vous dire qu’au bout de 5 ans ca vous enlève toutes l’énergie que vous avez à vos débuts !!!

    Certe, j’ai eu ‘enfin’ un contrat à durée inderterminée.. je suis parmi les quelques heureux pocesseur de ce document dans ma boîte.. mais à quoi cela rime-t-il.. à pas grand chose. On bon du compte, on me gardera tant que je serais bon, et ca je le savais déjà… De toute manière j’ai qd même pu acheter ma maison, ma voiture sans cela.. un CDI ne représente plus grand chose dans la société actuelle… et 2 salaires non plus d’ailleurs.

    Alors pourquoi bossé ? de 7h30 à 16h30 nous bossons tous les 2 pour 2500€.. il faudra bien ca pour payer la maison, les factures, la voiture, l’essence et la bouffe.. après pour les reste.. on peu toujours s’endetter sur sa carte de crédit, histoire de pouvoir un peu profiter.. Moi je bosse encore en après journée.. un société de studio d’enregistrement et web conception.. rien ne rentre dans mon portefueille, mais cela me permet de pouvoir investir dans ma passion première : la musique.. Et les autres soir, je répare encore qq PCs, je donne cours, je conseil, parfois je fais des sites web, ou de superbe DVD de mariage.. au bout du compte ce n’est que grâce à cela que je peux espérer pouvoir m’acheter un parfum supplémentaire, une Wii ou un pantalon Esprit !

    Allé et juste pour vous faire chicaner.. ;p j’ai qd meme 60 jours de congés par an… et ca c’est quand même un belle note positive,.. mais du coup on a bien du mal de ne pas y penser 🙂

  2. poutchi Says:

    le problème de beaucoup de jeunes maintenant, c’est qu’ils n’ont pas de CONSCIENCE PROFESSIONNELLE.
    Ce sont, pour moi, les deux mots clé.
    Les gens veulent le beurre, l’argent du beurre, et la baratte qui va avec.
    Bien sûr qu’il y a des patrons « de merde » mais il y en a aussi des gentils, honnêtes.
    En ce qui me concerne, tant que mon patron a été réglo, je suis restée, et j’ai BOSSE. Une fois qu’il est devenu chiant, je suis partie. Ca m’a tjr réussi, et au moins personne n’a jamais rien eu à me reprocher, bossé j’ai bossé !
    Bisous

  3. Londoncam Says:

    Je me reconnais complètement, j’en avais d’ailleurs pas mal discuté avec mes profs de marketing. Pour moi la loyauté à l’entreprise passe après famille et amis, mais comme le dit Poutchi, ça ne m’empêche pas d’avoir une conscience professionnelle et d’être responsable au boulot.

  4. Eugénie Says:

    La conscience professionnelle n’a rien à voir avec la désillusion que de nombreux jeunes ont vécu. J’ai eu la chance de m’en rendre compte au boût de 3 mois de stage alors que j’étais encore en train d’étudier, en étant spectatrice des abus et sauvageries des pratiques en entreprise.

    Je fais partie de ces personnes qui travaillent quasiment gratuitement si elles sont passionnées par ce qu’elles font, à ce stade ce n’est plus de la conscience professionnelle, c’est autre chose. Mais je sais aussi comprendre les mécanismes qui régissent le monde économique.

    Ce n’est pas de la paresse, c’est juste de l’intelligence.

    PS: avec l’arrivée de l’informatique, même en faisant le minimum, on en fait déjà tellement plus que les « vieux »

  5. MissBrownie Says:

    C’est tout à fait moi ça!
    Et pourtant je suis limite dans la génération puisque je suis de 1980.

  6. fanette Says:

    C’est vrai que c’est un problème, ce que tu dis, auquel je pense souvent moi-même. Je crois que nous, les jeunes, nous n’arrivons plus à croire au travail que nous faisons. Moi, j’essaie de toutes mes forces de penser que ma vie ne commence pas à 17 heures. Certains jours, c’est vrai, d’autres non. Et quand ma journée au boulot a été pourrie, je n’ai aucun scrupule à l’oublier et à m’investir dans ma vie privée ; parce que maintenant nous pouvons avoir une vie privée, et nous immerger dedans : avant, je crois que cela n’était pas possible. les gens, sortant du boulot, avaient la famille, et c’était une autre contrainte. D’où l’intérêt que le boulot pouvait représenter.

  7. poutchi Says:

    à Eugénie : je ne suis pas tout à fait d’accord ! les patrons qui abusent il y en a, bien sûr, j’en ai connu, mais qu’on soit jeune ou pas jeune rien ne nous empêche de leur claquer la porte au nez, je l’ai fait !
    et je me répète, le problème de beaucoup (je n’ai pas dit TOUS) c’est de vouloir le beurre et l’argent du beurre.

    Mon mari (qui a 30 ans donc pas un « vieux » gagnait 6.700 francs quand il a commencé, il savait que c’était peu mais c’était le bareme (contrat d’aprentissage), il a acquis de l’expérience, le salaire est monté à 8.000 puis 15.000, puis 10x plus à 30 ans !
    mais quand il a commencé il avait une moto et ne faisait QUE rêver d’une telle ou telle voiture, il ne s’est pas endetté (et donc nécessité de trouver un job qui paye mille fois plus pour payer ses dettes) pour se la payer, il vivait encore chez parents donc pas de loyer.

    les temps ont changé, les mentalités aussi, les jeunes n’ont plus la patience que nous avions (et je n’ai QUE 35 ans donc je suis – encore – jeune).

    je le constate chez les gosses autour de moi : plus aucun ne se satisfait avec trois bricoles à Noël, ils ne revent que de Nintendo DS !

    restons simples… et n’oublions pas que « le travail c’est la santé » !

  8. annick Says:

    c’est vrai ce que tu dis là, mais il n’y a pas que les jeunes qui pensent à leur congé pendant qu’ils bossent.
    certains vieux avaec 20 ans de boite en profitent aussi et usent et abusent de toutes les excuses pour ne pas aller bosser.

  9. Myrtille Says:

    Je suis un peu hors-contexte puisque depuis quelques mois je tente difficilement de mener ma barque toute seule …

    Mes quelques expériences passées en tant que salariée me rappelle combien j’attendais le samedi matin avec impatience … non pas pour enfin être en w-e (parce que j’ai tout de même la chance de faire un métier que j’aime même si c’est pas tout les jours folichon !), mais juste pour enfin pouvoir dormir un peu plus le matin … ben ouais je suis une fille de la nuit, je m’endors difficilement … par contre le matin je resterais des heures au lit. Et non ce n’est pas de la feignantise, même si parfois y’a vraiment rien de mieux !

    Comment ça « je suis hors sujet » ?

  10. Eugénie Says:

    @ Poutchi: je comprends ce que tu veux dire, mais je crois que le débat ne porte même pas sur l’argent et le salaire.

    Ce qui manque aux jeunes dans l’univers du travail c’est du sens, une vision de l’avenir et une possibilité de faire ses preuves (et là nos avis se rejoignent, car il faut du temps pour celà, ce que l’économie actuelle ne laisse guère de nos jours, avec ses fusions, acquisitions, restructurations et délocalisations sans parler d’un climat délétère qui empêche la transmission inter-générationnelle en entreprise). D’où un recentrage des valeurs sur la vie privée et les loisirs au détriment du travail.

    Alors, si on ajoute à celà que nous sommes beaucoup plus diplômés que nos parents pour le même type de poste…

  11. Violetine Says:

    A vrai dire, je ne me reconnais pas tant que ça, faut dire que je suis née après 1981, moi.. Tu dis qu’on ne fait pas d’efforts pour une entreprise au cas où on serait remplacé ou licencié, mais peut-être qu’en faisant des efforts, il n’y aurait pas besoin d’aller chercher de la main d’oeuvre ailleurs non plus..

  12. Marie D. Says:

    Ouh là là ça déchaîne les opinions, ce sujet! Je vais essayer de répondre dans le bon ordre…

    @ cyborgjeff: je crois que tout le monde à tendance à perdre de vue que l’origine du travail, c’est le besoin d’avoir un salaire pour mettre un toit sur sa tête et du pain dans son assiette! Si c’était juste par idéalisme et sans besoin d’argent, ça ne serait pas du boulot 🙂

    @ poutchi: je suis d’accord avec toi, il y a une différence entre avoir d’autres priorités que le travail dans la vie, et prendre son travail par-dessus la jambe sans en avoir rien à fiche. Personnellement, je n’ai pas envie de passer mes soirées et mes week-ends au boulot, parce que j’ai besoin de ce temps là pour des choses qui me passionnent plus MAIS je suis perfectionniste dans mon job et je fais attention à ce que les choses soient bien faites.

    @ Londoncam: tu lis dans mes pensées 😉

    @ Eugénie: je suis d’accord, et comme je le disais la motivation est essentielle, puisque tu dis être prête à travailler pour rien si tu es passionnée

    @ MissBrownie: on n’est pas à un an près 😉

    @ fanette: bienvenue ici! Tu sais je pense qu’avant, famille à nourrir ou pas, les gens voyaient définitivement les choses d’une autre manière – être un « bon travailleur » était un objectif dans la vie, quelque chose dont on pouvait être fier. C’est moins vrai pour les gens de notre génération qui accordent plus de valeur à d’autres choses.

    @ Poutchi-bis: peut-être bien que nous sommes impatients effectivement. Mais je crois que cette problématique de changement d’optique ne dépend pas uniquement du fait d’avoir un « mauvais » patron. J’ai de très bons patrons actuellement mais ça n’empêche que je trace une ligne claire entre mon job et ma vie (même si je le répète je suis très consciencieuse dans mon job).

    @ annick: la paresse n’a pas d’âge, c’est un fait, mais c’est un autre problème, ça n’a plus rien à voir avec un changement dans les valeurs. Je suis d’accord avec toi, cela dit, les gens qui n’ont pas de conscience professionnelle et en font le moins possible sont pénibles à tout âge!

    @ Myrtille: pas si hors sujet que ça… je pense qu’il y a 50 ans on trouvait normal de se lever tôt pour bosser, alors qu’aujourd’hui on aime avoir de la flexibilité dans les horaires. Ce n’est plus le cas dans mon job actuel (hélas, car je suis comme toi, j’aime dormir le matin) mais j’ai bossé dans une boîte où on pouvait arriver à 10h le matin si on voulait (sauf certains postes style la réceptionniste). Je trouvais ça génial, mais évidemment fallait alors rester tard le soir 🙂

    @ Eugénie: toi aussi tu lis dans mes pensées 🙂

    @ Violetine: ah malheureusement je dois te contredire, bien sûr parfois un individu est licencié parce qu’il ne travaille pas bien ou pas assez mais dans le cas des délocalisations et licenciements collectifs, ça n’a généralement à voir qu’avec des histoires de gros sous et de budgets…
    Mais bon tu es donc la génération Z, je me demande quelle théorie prévaut à votre sujet 🙂

  13. telys Says:

    Mmmhh je suis pas dans la tranche d’âge (née en 1986) mais je suis depuis peu dans le monde du travail alors je vais donner mon avis de jeune arrivée, limite naïve et idéaliste lol

    Donc non, mon travail (enfin ma formation) n’est pas toute ma vie mais comme beaucoup le disent ici, je m’applique à le faire le mieux possible. Je fais la distinction entre ma vie pro et ma vie perso (même si dans cette entreprise assez ‘familiale’, c’est pas toujours facile) mais ça ne m’empêche pas d’être consciencieuse et appliquée dans mon travail parce que je sais que des gens comptent sur moi, que c’est un engagement à tenir quelque part et aussi parce que ça m’éclate.
    Par contre c’est difficile d’établir une hiérarchie entre ses amis, sa famille et son travail parce qu’ils sont tous essentiels à notre vie. Sauf que le travail, on peut l’effectuer dans n’importe quelle entreprise donc oui, on est moins attachée à la nôtre. Ca veut pas dire qu’on est pas attachés à notre job, juste que l’endroit où le pratique importe moins, non ?

  14. vedekaa Says:

    Hey ! Et bah dis donc, que de réactions déjà postées ! En bon ouvrier du chiffre que je suis, je rentre du bureau à l’instant (il n’est que 22h…).
    Pour ma part, j’ai des horaires que l’on pourrait qualifier de non standards… Je bosse de 8h30 à, en moyenne, 22h… Vous en conviendrez, ça laisse peu de place à une vie privée ultra intense…
    Pour autant, j’aimbe beaucoup mon boulot, même si je sais que certains ne comprennent pas ma position. Je n’ai que très rarement vécu ce rythme comme une contrainte depuis que j’y suis adossé (bientôt 2 ans). J’ai envie d’avancer, d’apprendre car je ne concois pas un métier « alimentaire ». Ca demande certains sacrifices. Ca paiera plus tard (= éducation martelée dès la plus tendre enfance : la liberté de plus tard s’achète aujourd’hui en travaillant).
    D’un autre côté, il est vrai que l’employeur se gave quand même bien. L’augmentation qui placerait tous ces efforts à leur place ne fait pas partie de la botte du père Noel (en tout cas, c’est pas confirmé 🙂 ). Mais je continue de trimer pour l’instant.
    On a eu un stagiaire pendant 3 mois, cet été. Bon au départ, ca devait être 6 mois, mais… Pas bien formaté l’asticot : toujours en retard, jamais rendu un travail avec une once de pertinence, pas dans le bon mode. Quand son remerciement lui a été notifié, il n’a pas compris. Pour lui c’était normal de vouloir apprendre à tout prix mais de gueuler dès que 17h30 était passé parce que quand même, je suis stagiaire.
    Bref, je pourrais raconter plein de trucs pour justifier un point de vue ou son contraire. Mais au fond, ce que je me dit, c’est qu’on n’a rien sans rien, et que même si globalement, l’employeur est toujours plus gagnant que le salarié (du moins dans les grandes structures, après tout quand une heure de chiffer d’affaire représente le triple de ce qu’on demande en guise d’augmentation, ca peut piquer la gorge quand c’est refusé ou simplement discuté).
    Finalement, l’essentiel, c’est peut-être juste de trouver son compte dans ce qu’on fait et puis quand on sent qu’on a fait le tour de la question ou q’il n’y a plus le répondant, bah chercher autre chose…
    Non ?

  15. Eugénie Says:

    @ Vedekaa: mais est-ce que quelqu’un lui a dit quelque chose AVANT de le virer ce stagiare, histoire qu’il puisse « apprendre » et s’améliorer?

    Démotivé après ca?

    Mais c’est normal, après tout ce n’est qu’un stagiaire prêt-à-l’emploi-payé-pas-cher-et-jetable

    C’est quand on commence à intérioriser ce genre de réflexion qu’on se rend compte qu’on est devenu juste un peu inhumain… ou juste un peu « formaté »…

  16. La princesse Says:

    Moi je suis en plein dedans. J’ai horreur du boulot mal fait, et mon boulot, je m’investis dedans ( sauf quand je viens roder sur un blog 😉 ), mais de 8h à 17h. Et parfois plus quand vraiment il y a une urgence.

    Je suis du genre à bosser pour rien quand ça me passionne, mais j’en suis revenue. La boite pour laquelle je bosse a été restructuré 4 fois en 7 ans, essaie de temps en temps d’oublier la législation, les augmentations, on peut s’asseoir dessus et les réchauffer pour l’année d’après même quand on a explosé les objectifs, et la DRH est une peau de vache. Je reste parce que mon chef est sympa, et qu’on bosse bien ensemble, mais je ne me tue pas à la tache.

    Je fais le travail pour lequel je suis payée, et je le fais bien, mais je n’en fais pas plus. ( surtout que les heures supp ne sont ni payées ni récuperées alors..) Si on veut que je m’investisse plus, que ma boite valorise davantage mon travail, et me paye plus. La vraie vie commence pour moi après 17h…

  17. Annouchka Says:

    Idem que certaines ici, je suis née en 1980 donc la « fin » de cette génération. J’en suis déjà à mon 5ème job et toutes les fois où je me suis vraiment investie à fond avec une grande motivation, je n’ai rien eu en retour. Bien au contraire ça s’est toujours retourné contre moi. Plus tu en fais, plus on t’en demande et moins ton employeur est reconnaissant. Après plusieurs déceptions professionnelles, je fais maintenant le stric minimum dans mon job actuel (je suis démissionnaire, je termine dans 1 semaine). Nos parents n’avaient pas cette attente de reconnaissance que nous les jeunes avons parfois aujoutd’hui. Comme tu dis nos parents travaillaient pour se construire un avenir avec des projets à long terme dans une même entreprise. Impensable aujourd’hui 😦 J’ai bien trop l’impression qu’on nous exploite (d’ailleurs est-ce seulement une impression ?) et du coup ça me fait avancer à reculons !!

  18. Marie D. Says:

    @ telys: c’est un point de vue intéressant le fait d’aimer le job mais d’être moins attaché à l’entreprise qu’avant; je pense qu’il doit y avoir une partie de l’explication là-dedans.

    @ vedekaa: je pense effectivement que chacun doit y trouver son compte. Personnellement j’ai eu une époque 8h-21H30 tous les jours et parfois le week-end mais je me suis aperçue que (désolée si je ruine tes espoirs) « ça ne paie pas plus tard » alors j’ai dit stop. Je ne parle même pas de l’absence d’augmentation (encore que c’est un problème récurrent à ce que je vois) ou de simple reconnaissance, mais du fait que rien ne peut compenser le fait que j’ai du faire une croix sur ma vie sociale, mes loisirs, ma famille et tout ce que j’aimais en dehors du boulot – pour moi aucune augmentation ne vaut ça. Je peux l’accepter sur une courte période pour un projet qui me passionne, mais si ça devient du systématique je trouve que c’est de l’abus (ne manquerait-on pas d’effectif?).
    Quand à ton stagiaire il était inexcusable de ne pas faire son travail et d’arriver en retard, mais je ne peux pas m’empêcher de comprendre qu’il n’ait pas eu envie de passer ses soirées au boulot en n’étant pas ou peu payé. Chacun doit trouver son intérêt (pécunier ou non d’ailleurs) à l’affaire sinon ça ne peut pas marcher.

    @ Eugénie: mon psy (oui j’ai eu un psy à une époque mais ça n’est pas le débat) m’a dit un jour que tant que la société et le monde du travail fonctionnaient comme ils fonctionnent, il ne manquerait jamais de patients! 😉

    @ LaPrincesse: je me répète, mais chacun doit y trouver son intérêt, donc je comprends que sois réticentes à faire plus d’efforts si rien ne vien en échange…

    @ Annouchka: il ne faut quand-même pas désespérer, il Y A DES PATRONS QUI SAVENT ETRE RECONNAISSANTS mais effectivement ça n’est pas toujours facile.
    Il y a aussi des cycles là-dedans; par exemple fin des années 90 on traitait les informaticiens comme des rois parce qu’on avait besoin d’eux pour réparer le bug de l’an 2000 et qu’ils n’étaient pas assez nombreux; post 2001 quand on licenciait à tour de bras pour cause de crise les gens qui cherchaient du boulot devaient revoir leurs exigeances à la baisse car l’offre était bien supérieure à la demande… le travail est un peu une denrée aujourd’hui…

  19. R Says:

    Marie,

    Je suis tout a fait d’accord avec ton dernier poste : le travail qu’on fait est un produit soumis aux lois de l’offre et de la demande.
    Plus il y a de personnes pour faire un meme boulot, moins le salaire sera eleve.
    C’est comme ca que paradoxalement, il vaut mieux aujourd’hui bosser sur un projet pourri pour gagner plus (je parle des grosses boites qui augmenteront les salaires pour faire venir des gens).

    J’en fais les frais en ce moment. Je viens de sortir de ce qu’on appelle une grande ecole d’ingenieur et je suis parti a Dubai sur un projet de construction avec une boite francaise…

    Je pensais que ca serait le top, et en fait rien ne va. Le salaire ne vaut pas la quantite de travail : je bosse 12h par jour, 6 jours sur 7 (minimum). Je fais un travail de robot et la hierarchie ultra compacte de l’entreprise ne me laisse pas de liberte. Et si je menace de partir, on me repond litteralement : « Bin casse toi, yen a 100 des jeunes qui voudraient ta place ». Aurevoir le reve du prestige de mes etudes… Bonjour le monde du travailleur jetable.

    Je suis d’accord : dans un grand groupe, il faut juste faire son boulot, pas plus. Sinon on se fatigue pour rien et on est mal vu.
    Les augmentations ne sont pas donnees, elles sont automatiques.
    En gros, chacun a un chemin tout trace et ne peut y deroger.

    On peut tomber sur des bons patrons, mais il y a quand meme plus de dictateurs que d’hommes intelligents a ce poste (dans les grands groupes je me repete). La raison est simple : eux aussi ils ont du faire les robots pendant 20 ans, a bosser commes des cons et ne pas avoir de vie. Aujourd’hui certains sont directeurs, parce qu’ils sont soumis a leur hierarchie (et oui, dans ce monde la on est jamais vraiment libre, on a toujours des centaines de patrons). Et quand les jeunes demandent qqchose, ils refuseront toujours, simplement parce que ct comme ca a leur epoque.

    Bref, ce sont de mauvaises managers et souvent ca sent le naufrage. On verra bien. Moi je pense que les jeunes ne veulent pas bosser comme ca.

    Donc je faisais juste part de mon cas. Celui d’un gars qui a fait prepa et Ecole d’ingenieur pour faire un boulot qui tabasse et qui paie bien.
    Ce gars se rend compte que tout ce qu’on lui a dit est faux. Il veut bosser dur mais pas pour rien. Il bosse dur, n’a pas vraiment de vie a cote mais gagne peu.

    Que les hommes des generations passees viennent me faire la lecon et je ne les manquerai pas.
    Un ingenieur debutant qui bossait comme moi, a l’etranger, gagnait le double de mon salaire il y a 20 ans (le coef d’expatriation etait de 2, aujourd’hui il est de 1,1).

    Et le gars, il se demande serieusement s’il va rester dans ce monde de l’entreprise la, a bosser pour rien, a n’apprendre que des choses ultra simples, a ne pas avoir de vision elargie du domaine dans lequel il bosse, bref, a devenir un debile.

    Bon en tout cas c’est cool que nos generations se reveillent. Ca doit sans doute se passer a chaque fois, et on verra ce qu’on fera de nos enfants.

  20. Marie D. Says:

    @ R: bienvenue ici. Effectivement ton cas est typique des situations qui nous donnent plutôt envie d’aller au boulot avec des pieds de plomb parce qu’on se sent exploité, que de siffler en travaillant. Par contre je crois qu’il ne faut pas être défaitiste ni se laisser impressionner par les arguments qu’on nous met sous le nez. Bien sûr il y a 100 personnes qui attendent notre job, mais si on arrive à avoir assez de valeur ajoutée (par une spécialisation, des connaisssances linguistiques particulières…) on a déjà une longeur d’avance. Il peut y avoir d’autres pistes à explorer, comme créer son propre job (moi j’y songe de plus en plus). En tous cas envoyer des cv ailleurs quand on n’aime pas son job, ça ne coûte rien…

  21. vedekaa Says:

    @ Eugénie : Pour répondre à ta question, oui nous avions fait la remarque au stagiaire qu’arriver en retard tous les jours, cracher dans la pelouse après avoir fumé sa clope, etc. n’étiaent pas des comportements acceptables pour nous. Oui, j’ai consacré un temps considérable à le former (puisque j’avais besoin de lui pour me décharger de certaines taches donc j’avais aussi tout intéret à bien le former:)). Nous ne sommes pas des robots non plus 🙂 mais il y a des limites.
    Pour ce qui est du salaire, un stagiaire chez nous est payé 30% de plus que le SMIC soit autant voire plus que certains effectifs permanents. Donc, certes il est là pour apprendre, mais il doit aussi (comme tout un chacun) justifier un minimum son salaire et faire preuve d’intérêt. Et je pense qu’un tel salaire en étant stagiaire n’est pas négligeable, qui plus est quand on est dans une ville de province ou un appart de 80m² revient environ 450 euros (pour vous donner une idée du coût de la vie). Donc par rapport à un stagiaire à Paris, sa situation était LOIN d’être précaire.
    Après, pour ce qui est d’être inhumain ou juste un peu formaté, je suis pour le coup, entièrement d’accord avec toi. Le formatage vient de l’adhésion aux valeurs de sa boite. L’inhumain, de la réduction à son plus simple appareil d’une relation de travail. Consacrer du temps à expliquer des choses, à présenter les choses, le fonctionnement des choses… et le faire dans l’adhésion à des valeurs dans lesquelles je me reconnais… Je ne pense pas être inhumain.
    Voila 🙂


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