En Avoir Ou Pas

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Pourquoi le travail porte bien son nom, et autres considérations philosophiques. juillet 4, 2007

Quand j’ai commencé ce blog en avril dernier, je n’avais pas de boulot. Ca a dailleurs partiellement motivé le choix du titre. Je ne suis pas restée longtemps sans travail, cinq petites semaines. Si on les additionne à 5 autres petites semaines en 2004, ça fait moins de trois mois sans travail depuis mon diplôme en juin 1998.
Pas mal, vous me direz. Je vous répondrai: facile. Quand on parle 4 langues et qu’on sait tout faire avec un PC (enfin, tout ce que Bill Gates a prévu que l’utilisateur moyen sache faire), on trouve toujours du boulot pour payer les factures. Trouver le job de sa vie, ça c’est autre chose.

Quand j’ai terminé mes études, j’étais une jeune prof de langues germaniques qui pensait ne pas travailler de sitôt (l’état avait licencié 3.000 enseignants l’année précédente, vous parlez d’un secteur porteur) mais qui avait très envie de pouvoir être autonome et de payer enfin ss propres factures. On se demande ce qui m’était passé par la tête. Faut vraiment n’avoir jamais vécu la vie d’adulte pour penser que c’est cool et avoir envie d’y être le plus rapidement possible! Mais je m’égare…
Mes compétences linguistiques étant très prisées, je suis courtisée par plusieurs boîtes qui ne savent plus où chercher pour trouver des assistantes trilingues. Et j’y vais donc avec enthousiasme.

Je me souviens de mon premier travail, les 3 premiers jours je n’ai pas dormi. D’excitation. Impossible de débrancher mon cerveau. Et je n’ai pas eu l’air d’un zombie une seule seconde, j’tais complètement shootée à l’adrénaline. Tout était nouveau et passionnant.
Et puis le temps à passé. Je me suis fait plein d’amis dans ce boulot mais la direction (familiale) nous pourrissait la vie, et les filles étaient traitées avec un machisme sans limite. J’ai quand même tenu 5 ans. Pas par courage, mais parce que chaque fois que je passais une interview pour un autre job, je voyais la même situation se profiler à l’horizon: un poste d’assistante mal considérée. Alors je me suis accrochée jusqu’à ce que mon CV s’étoffre de plus de responsabilités (dans une PME, même si on n’a pas le titre, on finit par avoir les compétences) et puis je suis partie.
Mon cadre de travail suivant était un véritable matriarcat: département stratégique pour l’entreprise, composé uniquement de femmes et managé par une femme. Ca a parfois créé des problèmes relationnels (ambiance poulailler) mais ça a vraiment été fun. Jusqu’à ce que notre manager tombe enceinte, ce que la Direction Générale ne lui a pas pardonné. Une restructuration qui se profile, et hop, tout notre département saute.

Pas grave, je me suis dit: c’est la vie. Je vais reprendre mes petites affaires et aller me faire d’autres amis ailleurs.

Sauf que non. Le job suivant était ennuyeux à mourir, et je ne me suis pas fait d’amis. J’avais été engagée par une connaissance de connaissance qui a finalement découvert qu’elle n’avait pas de quoi m’occuper, d’où le licenciement en mars dernier. Et bien que j’étais frustrée et malheureuse de me retrouver au chômage, pour des raisons financières évidentes, j’étais contente de ne plus devoir y retourner, parce que ces gens ne m’intéressaient pas et que forcément, j’allais retrouver un autre endroit où quels que soient les problèmes, les gens seraient super.

Sauf que, à nouveau, non. J’apprends des choses, je fais mon job, mais la plupart du temps l’ambiance n’y est pas. Ca vient peut être du fait que les plus jeunes de mes collègues ont… quinze ans de plus que moi! Je suis où je croyais vouloir être, une jeune cadrette presque trentenaire avec une (petite) voiture de fonction et sa part de responsabilités. Et je ne trouve pas ça drôle du tout.

Je ne peux pas m’empêcher de me demander si je suis dans une série noire ou si, finalement, mes deux premières expériences n’étaient que des coups de chances sur le plan humain.
Peut-être qu’être adulte, ça ne voulait pas dire vivre seule, faire ma lessive et payer mes factures mais plutôt, arrêter d’aller au travail comme j’allais à l’école, pour voir mes potes, et prendre enfin le boulot pour ce qu’il est: un boulot.

Ben si c’est ça, il va vraiment falloir que je gagne le super lotto du venredi 13. Parce que j’ai encore 35 ans à tirer d’ici l’âge de la retraite, et je ne crois pas que je vais tenir si longtemps dans ces conditions.

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5 Responses to “Pourquoi le travail porte bien son nom, et autres considérations philosophiques.”

  1. Poussinette Says:

    Je ne peux pas trop argumenter car moi je suis encore à l’école. Il ne me reste qu’un an à faire, mais j’ai hâte de trouver un boulot et de prendre mon indépendance. Mais c’est vrai que ça m’angoisse. Bon je sais que je trouverai toujours un boulot pour payer mes factures, mais pas sur que je trouve le job de mes reves, celui qui me donne envie de me lever le matin pour aller travailler!

  2. CelineC Says:

    bien. Pour étayer, je vais dire que moi aussi je parle 4 langues, que j’ai souvent changé de boite et que j’ai le meme age que toi. Et que j’en ai vu, entre les boites cool et les moins cool, le harcèlement moral et le milieu industriel très roots. La ou je suis, je suis bien, mais je suis en CDD. Dommage…

  3. Londoncam Says:

    Pas évident de trouver un boulot qui nous motive pour nous lever le matin. Et l’ambiance ne fait pas tout non plus… Je suis comme toi, même si mon boulot actuel est sympa, les clients sont parfois vraiment stressants et désagréables, et je me retrouve souvent à essayer de régler tous leurs problèmes. Comment supporter ça encore 35 ans au moins? Je préfère ne pas me poser la question…

  4. mariehdb Says:

    Bienvenue Camille,

    Heureusement qu’il y a des jours plus drôles que d’autres. Et peut-être qu’un jour je créerai ma boîte? Je serai morte de trouille de ne pas avoir assez de clients pour payer mes factures mais au moins personne ne me dira à quelle heure je dois boire mon café.

  5. Londoncam Says:

    C’est une idée que je caresse… Je ne l’aurais jamais envisagé avant, mais l’idée est tentante ! Après, comme tu dis, il ne faut pas se planter. Mais c’est un super challenge.


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