Or donc comme vous le savez, j’avais décidé que durant tout le mois de février je n’achèterais pas de fringues. Rien, nada. Pas même une commande chez La Redoute avec ‘report de payement de 3 mois sans frais’, non, non, non.
Je peux donc vous dire que l’opération est réussie: je n’ai rien acheté. Mais j’en ai surtout profité pour faire des fouilles dans ma penderie, éliminer quelques trucs, retrouver des choses dont j’avais oublié l’existence, et fait un bilan pour le printemps avant de reprendre mes activités shoppesques.
Je dois avouer que ce qui m’a aidée, c’est le fait que nous sommes déjà à la fin de l’hiver et que j’ai déjà acheté tellement de choses cet hiver que passer un mois sans avoir besoin de quelque chose de nouveau devait logiquement être possible. En octobre dernier, j’aurais trouvé ça beaucoup plus dur.
Ce qui m’amène à la première leçon: connaître ses indispensables et veiller à les avoir. Si vous détestez porter des jupes au bureau, il vous faut assez de pantalons que pour tenir toute une semaine sans faire de lessive (au minimum, en fonction de vos habitudes). Idem si le tailleur est obligatoire, il en faut suffisamment. Et si comme moi, vous travaillez dans un endroit où la température n’est pas adaptée (trop chaud ou trop froid), il faut aussi s’adapter. J’ai eu besoin de plusieurs pulls et gilets en maille pour passer l’hiver.
Je sais bien qu’au travail, on n’est pas toujours autorisé à porter ce qui reflète le mieux sa personnalité, et que c’est râlant de dépenser de l’argent pour des fringues qu’on ne portera qu’au boulot. Mais c’est quand-même cinq jours sur sept, alors ça doit malheureusement composer 5/7èmes de votre garde-robe! Mieux vaut s’en rappeler…
Ah, et il faut aussi se souvenir qu’il y a certains basiques indispensables: t-shirts noirs ou blancs, ou chemises noires ou blanches. Ils vont avec tout, c’est quand-même bien utile, même si on a tendance à ne pas vouloir mettre 25€ pour un “bête” t-shirt c’est pourtant un investissement rentable.
En entamant le rangement de mon dressing, je pensais déjà à ce que j’achèterais ce printemps: des jupes. Dans mon souvenir, je n’avais plus beaucoup de jupes mettables, or en été c’est ce que je préfère.
Grossière erreur: à l’examen il s’est avéré que je ne manquais pas de jupes mais plutôt de pantalons! Parce que quand-même avec nos étés pourris, je porte aussi des pantalons d’été. C’est la leçon numéro deux: vérifier ce qu’on a déjà car notre mémoire nous trompe, et prioritiser les achats en fonction de la réalité. Ma prochaine commande chez mon vépécéiste préféré comprendra donc 2 pantalons, qui conviennent aussi pour le travail, et pas de jupe pour l’instant. Et pour y voir plus clair, vous avez aussi tout intérêt à vous débarrasser de tout ce que vous ne portez jamais (une saison complète sans porter un truc, ça me paraît un bon critère d’élimination) et qui encombre votre esprit autant que votre placard.
Mais pourquoi donc étais-je persuadée que je n’avais pas assez de jupes? Sans doute parce que je n’avais pratiquement jamais porté certaines d’entre elles, et que j’avais presque oublié leur existence! Notamment une jupe sous le genou, en tissu satiné, hyper rétro et que j’adore. J’ai dû la porter trois fois, mais pourquoi donc? Simple: je n’ai pas de chaussures assorties. Ou plutôt si, j’en ai, mais elles sont horriblement inconfortables. Résultat, j’ai passé tout l’été dernier à éviter les tenues qui m’auraient obligé à les porter. C’est donc ma leçon numéro trois: s’assurer qu’on a les accessoires, en particulier les chaussures, qui vont avec les vêtements qu’on possède. Ca veut dire que plutôt que de laisser ces jupes dans le placard et d’en acheter de nouvelles, c’est bien plus intéressant de racheter une seule paire de chaussures qui me permettra de les porter! En veillant bien sûr à ne pas choisir quelque chose d’excentrique qui me ferra souffrir le martyr au bout d’une heure. En fait c’est une mission accomplie depuis hier
Je parlais des accessoires, c’est une partie que j’ai tendance à négliger. Dans mon esprit, les bijoux où ceintures sont des choses pas très importantes et qui ne devraient pas coûter très cher. Mais je constate que c’est une grave erreur: parfois une tenue manque d’éclat et nous semble ennuyeuse parce qu’il manque un accessoire pour la compléter. C’est ma leçon numéro quatre: parfois il vaut mieux investir son budget du moment dans des accessoires plutôt que dans de nouvelles fringues. Si les accessoires sont bien choisis, qu’ils vont avec plusieurs tenues, il donneront une nouvelle vie à vos fringues et ils valent un petit investissement. Une ceinture à 50€ ça peut paraître cher, mais si elle va avec tous vos pantalons, pourquoi pas? Un pendentif un peu orignal, c’est pareil, si ça peut égayer toutes vos chemises blanches réservées au bureau, ça vaut la peine. Idem pour les sacs! Il ne vous en faut pas cinquante, mais il vous en faut un qui pourra contenir tout ce que vous avez besoin d’emmener quotidiennement, qui sera facile à porter (moi j’aime les anses larges pour le mettre à l’épaule) et qui ira avec tout (choisissez-le de la couleur de votre manteau par exemple).
Ma dernière leçon c’est qu’indéniablement, nécessité fait loi. J’avais choisi ce mois aussi parce que mon argent étant passé à autre chose, je n’avais pas de budget disponible pour de nouvelles fringues, que j’en ai envie ou pas. C’est là qu’on se rend compte que certains jours, on a vraiment très envie d’aller voir les boutiques alors qu’on sait qu’on a besoin de rien et qu’on ne veut rien acheter. Les raisons sont souvent le stress, l’ennui, l’envie de s’évader du boulot et de s’offrir un plaisir bien mérité. Bien sûr que c’est dur, mais il faut pouvoir dépasser ça, ne fût-ce que parce qu’en fait tout ce shopping excédentaire nous complique la vie plus qu’il ne la simplifie. Je vous l’ai déjà dit: trop de fringue tue le fringue. Quand on est obligé de se contenter de ce qu’on a, on se rend généralement compte que c’est tout à fait possible et que donc, on a envie plus souvent que besoin.
Voilà pour ma petite expérience. Je peux vous dire que ça va sacrément influencer mon shopping pour la saison estivale. Ca va être moins spontané, donc moins drôle (pas de craquage pour une robe vue en vitrine quand on n’a pas besoin d’une robe supplémentaire) mais si ça peut m’aider à ne plus me changer 3 fois le matin avant de trouver la tenue du jour, je suis prête à faire un effort!




